SES PLUS BEAUX BUTS !!
Bordeaux, Juventus, Real Madrid, équipe de France, Zinédine Zidane n'a pas seulement tout gagné mais également accompli des exploits hors normes. Petit florilège de ses six plus beaux buts.
6 décembre 1995 : Betis Séville - Bordeaux 2-1 (Coupe UEFA)
C'est peut-être le plus beau de tous les exploits du maître. Ce 6 décembre 1995, les Girondins se rendent à Séville pour y affronter le Betis en 8es de finale de la Coupe UEFA, forts d'une belle victoire à l'aller (2-0). Mais les Bordelais sont plutôt moribonds en championnat et se déplacent sans deux joueurs majeurs, Christophe Dugarry et Bixente Lizarazu. Heureusement, Zizou est là. Le Minot de la Castellane, qui n'est pas encore la star adulée, va alors éclater aux yeux du Vieux Continent. Premières minutes de jeu. Long dégagement de Gaëtan Huard suivi d'une tête anodine d'un défenseur. Aux 40 mètres, la balle revient sur le meneur aquitain. Et là, ouvrez les yeux. Sans se poser de questions, Zidane expédie instantanément une longue frappe en cloche du pied gauche qui vient lober le gardien espagnol Jaro. Un coup de génie. «Avant le match, on disait que le gardien avançait souvent», racontait modestement le joueur après coup. Pour l'anecdote, les Girondins perdront la rencontre 2-1 mais se qualifieront pour échouer seulement ensuite en finale face au Bayern Munich (1-3, 0-2). Le début d'une irrésistible ascension.
14 mai 1997 : Reggina - Juventus 0-2 (Serie A)
A la fin de la saison 1995-1996, Zinédine Zidane quitte Bordeaux pour gagner des titres et rejoint la Juventus Turin. C'est là, très certainement, que le joueur a atteint son apogée. Malgré quelques premiers mois difficiles, l'ancien Cannois enchante le Stadio delle Alpi avec toute une palette de gestes techniques hors du commun. Sur le terrain de la Reggina, il va martyriser à lui tout seul la pauvre défense italienne. Aux abords de la surface, Zizou fait mine de frapper du droit pour finalement crocheter sur sa gauche. Les trois défenseurs qui se trouvaient devant lui sont mis dans le vent, tous trompés par la feinte du joueur, dans un mouvement digne d'un ballet. Zidane s'enfonce et, pour le fun, décoche un boulet de canon du pied gauche en lucarne. Alessandro Del Piero, qui a assisté à toute la scène derrière l'artiste, est absolument hilare.
12 juillet 1998 : France - Brésil 3-0 (Finale de la Coupe du Monde)
Lorsqu'il s'apprête à fouler la pelouse du Stade de France ce 12 juillet 1998, Zinédine Zidane est attendu par tout un peuple. Bêtement expulsé face à l'Arabie Saoudite, le numéro 10 des Bleus doit une revanche après avoir vécu une partie de l'épopée de ses partenaires en dehors du terrain. Il ne ratera pas l'occasion. La pression, Zidane l'évacuera de deux coups de tête magistraux, pourtant pas vraiment l'un de ses points forts (3-0). Ces images de célébration resteront à jamais gravées dans la mémoire de tous les Français. Pour la première fois de son histoire, la France est sacrée championne du monde, à domicile qui plus est. La fiesta qui s'ensuit est interminable, Zidane est élevé au rang d'idole immaculé, son nom et sa photo sont projetés sans interruption sur l'Arc de Triomphe, en haut des Champs-Elysées et récompense suprême, il sera élu Ballon d'or en cette année 1998. L'apothéose.
5 janvier 2002 : Real Madrid - La Corogne 3-1 (Liga)
Après cinq saisons à la Juventus, Zinédine Zidane n'a plus la même motivation. Son nouveau challenge se nommera Real Madrid. Après un petit temps d'acclimatation, le public de Santiago Bernabeu aura lui aussi droit aux arabesques de l'artiste. La plus belle de toutes aura lieu contre La Corogne dès sa première saison sous le maillot merengue. Zizou récupère la balle à l'entrée de la surface, pénètre dans la zone de réparation et ridiculise l'ensemble de l'arrière-garde galicienne. Roulette pied gauche, roulette pied droit et pour conclure un tir du gauche qui transperce Molina. Les reins du pauvre défenseur de La Corogne s'en souviennent encore. Florentino Perez aussi, qui rendra un bel hommage au joueur français en déclarant que «le public payait uniquement pour voir Zidane contrôler la balle».
15 mai 2002 : Real Madrid - Bayer Leverkusen 2-1 (Ligue des Champions)
Marquer un but d'anthologie est déjà chose extraordinaire. Mais qu'y a-t-il de plus beau lorsque l'on parvient à concilier exploit technique, résultat et gloire le jour où l'enjeu est le plus important ? Eh bien rien d'aussi magnifique que cette volée lumineuse que Zinédine Zidane a décidé d'envoyer en finale de la Ligue des Champions 2002 face au Bayer Leverkusen. Venu au Real Madrid pour mettre un terme à la malédiction qui le poursuit en Coupe d'Europe, avec trois finales perdues, Zizou va se charger lui-même de rompre le sort. Comme souvent, il choisit l'instinct au moment où se présente ce centre de Roberto Carlos. Comme souvent, c'est du pied gauche qu'il inscrit son chef d'œuvre. «Je suis peut-être un gaucher contrarié. Mais alors, très très peu contrarié», confiait l'intéressé. On le comprend. La balle vient se loger dans la lucarne de Butt, offrant la Ligue des Champions aux Merengue l'année de leur centenaire et déclenchant l'hystérie des commentateurs espagnols dont on retiendra cette célèbre phrase : «Bénie soit la mère qui t'a mis au monde».
09 juillet 2006 : Italie - France 1-1 (Finale de la Coupe du Monde)
C'est le dernier match de la carrière de Zinédine Zidane. Le moment tant attendu par tous les fans. Le capitaine des Bleus est censé mener les siens vers une deuxième étoile face à la Squadra Azzurra. Zidane ne met pas longtemps à se mettre en valeur. Dès la 7e minute, Florent Malouda est accroché dans la surface de réparation par Marco Materazzi. L'arbitre désigne sans hésiter le point de penalty. Zidane s'approche, comme en demi-finale contre le Portugal, ne prend qu'un pas d'élan. Mais là, surprise, au lieu de frapper fort, le numéro 10 tente une improbable Panenka. Culotté mais tellement talentueux, Zidane place la balle sous la barre de Buffon, le meilleur gardien du monde, et donne l'avantage à l'équipe de France. Malgré ce dernier fait d'armes qui restera dans les annales des finales de Coupe du Monde, Zidane ne peut rien faire pour faire gagner son équipe et sera même exclu durant la prolongation pour un coup de tête «minable» contre Materazzi.